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ZOOM : Pour les droits des femmes, pour une égalité réelle

lundi 7 janvier 2013  Enregistrer au format PDF


La prostitution fantasmée

Beaucoup de fantasmes circulent sur les personnes prostituées dans les médias et par là même dans les têtes des individu-es. Ainsi on peut entendre que les personnes prostituées vivraient bien la prostitution (alors que les enquêtes révèlent que 95 % souhaitent en sortir), qu’elles seraient plus à l’aise avec leur sexualité (rappelons que la prostitution n’est pas une sexualité), qu’il y aurait autant d’hommes que de femmes (les femmes représentent l’écrasante majorité), que les clients les « aimeraient » bien (sans doute faudrait-il rappeler la définition d’aimer, le nombre d’agressions et de mortes), qu’elles feraient office de confessionnal ou de psy (donc c’est tout bénef)…
Certains vont plus loin et affirment que les prostituées seraient des travailleuses comme les autres, que le corps serait une marchandise comme une autre. Des films sur ces « travailleuses du sexe » sont complaisamment diffusés alors que d’autres documentaires (L’imposture, Pas à vendre) peinent à l’être.
En résumé, ce qui ressort de ces affirmations révèle une vision particulière des femmes vue à travers l’habituelle dichotomie femme honorable/femme prostituée et, de façon sous-jacente, une image négative des femmes.

Gestation Pour Autrui (GPA)

La législation française s’oppose à la commercialisation du corps humain. Même si on est dans le besoin on n’a pas le droit de vendre un rein, de prêter son corps pour porter l’enfant d’un-e autre…
La GPA est revendiquée par certains groupes comme palliatif à l’infertilité et de plus en plus comme demande sociale, le bébé « clef en main » répondrait à une demande homoparentale « gay », ou encore représenterait une alternative aux procédures d’adoption longues et aléatoires, ce que dénoncent la Coordination lesbienne en France, la CADAC et le Planning familial.
On assiste déjà à une industrie de « location de ventres » et de commerce d’ovocytes aux USA, en Inde ou encore en Ukraine. Pour les « clients », les agences proposent des « produits-bébé » avec un choix sur catalogue de donneuses sélectionnées ! Bien entendu, les « gestatrices » se recrutent parmi les femmes pauvres en Ukraine et en Inde ou encore les femmes au foyer sans revenus aux USA. Le risque de voir s’étendre ce commerce lucratif est bien réel, des agences sont déjà venues présenter leurs services en France ! La GPA demeure inacceptable et nous ne nous satisferons pas d’un quelconque encadrement éthique.
Nous sommes bien dans le fonctionnement commercial néo-libéral, avec sa vision individualiste, dans la commercialisation et la marchandisation des corps.

Le corps, une marchandise ?

Les débats actuels sur la prostitution, la GPA, tournent tous autour du corps « marchandise comme une autre », au même titre que la force de travail. À cela s’ajoute le : « chaque individu-e fait ce qu’il/elle veut » ! Certes les femmes à travers les luttes féministes des années 70 ont revendiqué la « libre disposition de leur corps », mais c’était pour contrer le poids du patriarcat qui via les maris, frères ou pères, leur imposait des contraintes (interdiction de l’avortement, de la contraception…). Rien à voir donc. C’est juste une tentative de récupération d’un slogan féministe qui arrange bien ceux qui gagnent des sommes considérables sur le corps des femmes, une véritable manne financière !

Abolitionnisme ou pas ?

« Droite et gauche ont voté mardi 6 décembre [2011] à l’Assemblée, avec un rare consensus, en faveur d’une résolution réaffirmant "la position abolitionniste"[depuis 50 ans] de la France en matière de prostitution. Présentée par tous les présidents de groupes politiques à l’Assemblée, cette déclaration de principe devait être suivie dans la soirée du dépôt d’une proposition de loi... ». Il est évident que la difficulté réside dans la proposition de loi et nous l’attendons toujours.
Quelle est la revendication des réglementaristes ou des anti-abolitionnistes ?
La position réglementariste est présentée comme permettant de ne pas avoir une prostitution cachée ; c’est tout juste si on ne réclame pas la réouverture des maisons closes, gage de bonne santé de la population masculine et par ricochet de leurs épouses. Les abolitionnistes sont présenté-es comme les tenant-es d’un renouveau de l’ordre moral... On met aussi en avant le fait que la prostitution « tempérerait » les besoins irrépressibles des hommes et donc réduirait les viols, et la nécessité « d’une activité qui permet de vivre ». Les activités mafieuses permettent aussi de vivre, doit-on pour autant les accepter et les reconnaître ?

Pour les associations féministes abolitionnistes
Elles montrent que le système patriarcal structure nos sociétés et que la prostitution est un point de la domination masculine. Elles dénoncent cette « pratique qui marchandise le corps des femmes et qui favorise la traite des êtres humains », comme disait l’équipe du candidat Hollande en décembre 2011. Elles dénoncent aussi la puissance des industries du sexe et les violences vis-à-vis des femmes.
Les abolitionnistes ont toujours mis en avant plusieurs actions à mener en même temps : démanteler les réseaux de prostitution, considérer les prostituées comme des victimes -pas comme des délinquantes, les aider à se réinsérer, avoir des actions pour sensibiliser au respect du corps d’autrui, responsabiliser les clients.

Le néo-abolitionnisme va plus loin et demande une pénalisation du client (Suède, Norvège, Islande, Finlande).


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