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Thème 3 : en France, en Europe et dans le monde, pour des alternatives économiques, sociales et écologiques, pour les droits et libertés

lundi 7 janvier 2013  Enregistrer au format PDF


Au nom de la dette, les États mènent des politiques d’austérité dont les femmes sont les premières victimes

Les femmes européennes en lutte contre la dette

Notre objectif aujourd’hui, à nous femmes européennes en lutte contre la dette, est de démontrer que cette dette a des effets dramatiques sur les peuples certes mais que ces effets sont encore plus dévastateurs sur la vie des femmes. Notre combat est évidemment de « visibiliser » ces effets et que cette problématique soit intégrée dans l’élaboration de nos revendications.
Cette fameuse dette, qui justifie toutes les politiques d’austérité en Europe, nous n’en sommes aucunement responsables. Les membres du gouvernement nous mentent et tentent de nous faire culpabiliser. À les écouter, nous avons trop dépensé. Nous avons vécu au-dessus de nos moyens, notre sécurité sociale, nos retraites, nos hôpitaux, nos écoles, nos minima sociaux coûteraient, selon eux, trop cher ! Certains vont même jusqu’à incriminer les étrangères et étrangers qui, selon leur dire, profiteraient de notre État social. 

Choix politique d’austérité pour
certain-es et cadeaux pour d’autres…

Ce sont leurs choix politiques qui ont engendré cette dette : notamment leurs cadeaux fiscaux aux plus riches et les licenciements massifs dans tous les secteurs qu’ils laissent faire ! Cela implique une baisse des recettes de l’État et une hausse des allocations ; leur sauvetage des banques privées au détriment des peuples qui a transformé une dette privée en une dette publique ; le comportement spéculatif des banques qui prêtent aux états à des taux inacceptables : ces taux sont de 3 % en France, 4 % en Belgique, 6 % en Espagne, 7 % en Italie, 12 % au Portugal et ont atteint jusqu’à 20 % en Grèce ! Cette dette est en réalité celle des marchés financiers : elle n’est en aucune manière la nôtre.
Pourtant, sous prétexte de cette fameuse dette, tous les gouvernements d’Europe ordonnent des politiques d’austérité qui imposent aux peuples les pires régressions sociales. Les fameuses restrictions budgétaires au menu de toutes ces mesures d’austérité accentuent la pauvreté, sabrent les droits sociaux, aggravent les inégalités entre les femmes et les hommes et sapent nos acquis féministes.

L’austérité renforce les inégalités

Car cette crise de la dette est sexuée, autant dans ses caractéristiques que dans ces conséquences. Partout en Europe, l’austérité sanctionne l’émancipation des femmes car elle renforce toutes les inégalités entre les femmes et les hommes. Il est indispensable de mesurer cet état de fait, non pas pour poser les femmes en victimes, mais parce qu’elles sont des actrices incontournables des mouvements sociaux, tant dans la lutte que dans les alternatives qu’elles proposent.
Partout en Europe, avant cette crise, le travail des femmes était déjà discriminé, aucune politique volontariste n’a jamais été mise en place pour lutter contre ces injustices criantes. Prenons l’exemple de la France, 80 % des travailleurs précaires sont des femmes, elles occupent 80 % des emplois à temps partiel dont 2/3 leur sont imposés, elles gagnent 27 % de moins que les hommes et leur retraite est inférieure de 40 %. Partout en Europe, on retrouve la sur-représentation des femmes dans les emplois à bas salaires qui est une caractéristique universelle des marchés du travail. Ainsi, les politiques d’austérité, en imposant encore une réduction de la durée de travail, en baissant les rémunérations et en instaurant le chômage partiel en référence à l’emploi partiel, ont des effets dévastateurs sur la vie des femmes. Partout le patronat utilise la crise pour exploiter encore plus les femmes, il flexibilise encore plus leurs emplois, il ne reconduit plus les CDD les poussant au travail informel, il augmente les procédures illégales de licenciements.

La casse des services publics pénalise encore plus les femmes

Les politiques d’austérité imposent aussi à tous les pays d’Europe une véritable casse des services publics par le biais notamment des suppressions massives de postes (400 000 annoncées en GB, 150 000 en France entre 2008 et 2012…) ou encore par la baisse des rémunérations des fonctionnaires comme en Grèce, en Espagne, au Portugal mais aussi en Roumanie, en République tchèque, en Irlande… Les femmes sont ici concernées à double titre : d’abord en tant que principales employées du secteur public, mais aussi en tant que principales bénéficiaires et usagères notamment des services sociaux, d’éducation, de soin et de garde d’enfants, de prise en charge des personnes dépendantes... En Grèce, où l’on assiste en ce moment même à une véritable crise humanitaire, ce sont 40 % des hôpitaux qui vont fermer ou être vendus au secteur privé, la grande majorité de la population ne peut plus se soigner, un accouchement coûte entre 800 et 1600 euros si césarienne (ce qui a eu pour effet, une diminution des naissances de 20 % cette année), les personnes âgées ne pouvant plus subvenir à leur besoin retournent vivre chez leurs enfants. À Dublin, une place en crèche coûte entre 800 et 1000 euros. En Belgique, seul 1 enfant sur 4 peut espérer une place en crèche. Et les femmes prennent en charge ce que l’État a choisi de délaisser, de sacrifier, ce sont elles qui gardent enfants, parents, grands-parents. On assiste à un véritable retour des femmes au foyer obligées d’abandonner la sphère du travail rémunéré, pourtant conquise de haute lutte.
Les politiques d’austérité imposent partout en Europe des réductions drastiques dans les budgets de protections sociales et de services sociaux. Ces coupes budgétaires affectent particulièrement les femmes dans la mesure où elles assument toujours le rôle de principale responsable de la famille. En Roumanie et en Angleterre, les allocations familiales ont été réduites, en République Tchèque les prestations sociales versées aux familles à très faible revenu ont été purement supprimées, l’Italie a vu son budget de politique familial diminué de 70 % et ce sont 3 millions de grecs qui n’ont plus de couverture maladie.
La santé sexuelle et reproductive des femmes est elle aussi fortement menacée par la baisse des financements. En effet, l’avortement et la contraception sont eux aussi remis en cause par ces politiques d’austérité : en France, ce sont 180 centres IVG qui ont fermé depuis 10 ans, en Suisse, le gouvernement tente de le dé-rembourser, au Portugal, les centres de santé refusent de distribuer la pilule du lendemain.
Mais ce sont aussi les politiques et les budgets auparavant consacrés aux politiques d’égalité femmes/hommes qui sont sacrifiés. Ainsi, le ministère droit des femmes a été supprimé en Espagne, les plannings familiaux voient leurs subventions baisser d’année en année et sont en danger à l’heure actuelle en Belgique, les lignes d’écoute et d’aide téléphonique pour les femmes battues, violées et maltraitées sont menacées, le dernier centre d’hébergement d’urgence pour les femmes vient d’être fermé à Paris.

Comme nous venons de le voir la dette et les politiques d’austérité ne sont pas neutres d’un point de vue du genre !

L’égalité Femmes /hommes est certes une exigence de justice sociale mais cette égalité doit être au centre de nos revendications et de nos combats
car elle constitue une des perspectives importantes pour sortir de la crise.


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