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Thème 3

lundi 18 mars 2013  Enregistrer au format PDF

En France, en Europe et dans le monde, pour des alternatives
économiques, sociales et écologiques, pour les droits et les libertés,
Interventions en plénière


Syndicalisme et féminisme

« Notre affirmation de l’égalité sociale et politique de la femme et de l’homme est, en même temps que l’expression de notre conviction, une protestation de ceux qui au mépris de la liberté humaine, osent encore tenter d’assigner un rôle à la moitié du genre humain ».
Cela fait plus de 130 ans que cette phrase a été prononcée par Hubertine au Congrès Ouvrier Socialiste de Marseille en 1879.
Si le monde change, il y a certaines choses qui ne changent pas.
Si notre fédération l’a bien compris, son texte de congrès sur les droits des femmes le prouve, il nous reste quand même à nous en persuader.
Souvent, le lien est difficile entre syndicalisme et féminisme.

Pourtant :
Quand une éducatrice spécialisée au chômage se voit proposer par pôle Emploi un poste de stripteaseuse, nous sommes concerné-es en tant que professionnel-les et syndicalistes.
Quand une de nos élèves est battue par son petit copain, nous sommes concerné-es en tant que professionnel-les et syndicalistes
Quand une de nos collègues est mal notée car elle a eu l’audace de demander un congé parental, nous sommes concerné-es en tant que professionnel-les et syndicalistes

C’est tous les jours, dans toutes nos revendications, dans toutes nos actions syndicales, que la question des droits des femmes doit être posée.
Un zoom tous les trois ans ne peut pas suffire.
Un secteur femmes ne peut pas suffire.
Se préoccuper des droits des femmes dans notre syndicalisme quotidien c’est se préoccuper de toutes et tous ;
Aucune priorité ne peut être faire dans nos revendications.

Pour reprendre Hubertine Auclert :
« Quiconque méconnaîtra les droits des femmes, méconnaîtra, quand il n’en aura plus besoin pour escalader le pouvoir, les droits des prolétaires ».

Ingrid Darroman

Genre et ordre moral

Olivier vient de le dire, nous avons accueilli hier après-midi avec une grande satisfaction, voire avec émotion, l’annonce du vote de la loi instaurant le mariage pour toutes et tous. C’est un grand pas sur le chemin de l’égalité des droits. Satisfaction, mais aussi soulagement de pouvoir tourner la page de ce débat, qui a été l’occasion d’un déferlement de propos et réactions homophobes, mais aussi sexistes. Dans les « manifs de la honte » se sont retrouvés les droites extrêmes et les intégrismes religieux qui prétendent s’immiscer dans les choix de la société civile. Le rose mièvre des pancartes peine à dissimuler la couleur brune.

Ce qui réunit ces mouvements réactionnaires, c’est la défense de l’ordre moral, la défense d’une société fondée sur LA prétendue différence des sexes, avec une vision réductrice et stéréotypée de la famille, assignant les femmes et les hommes à des rôles nettement délimités et hiérarchisés, dont il ne faudrait surtout pas sortir sous peine de mettre la civilisation en péril ! Ce système légitime les inégalités en les naturalisant.

Or, si le sexe est biologique, le genre est une construction culturelle. En gros, les femmes peuvent s’épanouir autrement que dans la maternité, et le chromosome Y n’est pas incompatible avec les tâches ménagères ! La plupart des différences n’ont rien de « naturel ». Il faut donc inlassablement questionner le genre, le déconstruire, remettre en cause la domination masculine qui impacte les conduites des filles et des garçons, des femmes et des hommes. La FSU et ses syndicats doivent continuer à contribuer à cette déconstruction, dans une perspective émancipatrice.

Cécile Ropiteaux


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