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THEME 3 ZOOM : Pour les droits des femmes, pour l’égalité réelle

lundi 18 mars 2013  Enregistrer au format PDF


En 2012 encore, les femmes font toujours l’objet de discriminations et de violences liées à leur sexe. Le patriarcat, même s’il se nourrit du système capitaliste, possède ses propres outils de domination que toute organisation progressiste doit combattre au même titre qu’elle lutte contre toutes les formes de discriminations sociales et raciales.

Rappelons qu’en France, une femme meurt tous les deux jours et demi sous les coups de son conjoint ou de son ex-conjoint, que les tâches domestiques reposent toujours majoritairement sur les femmes, que les femmes issues des minorités sont victimes de double voire triple discrimination (lesbophobie, femmes migrantes...), que l’accès aux soins et à l’accueil en termes de contraception est toujours plus inégalitaire selon les territoires. Chaque jour plus menacés par les coupes budgétaires, les centres pratiquant l’IVG continuent d’être pris pour cibles par les tenant-es de l’ordre moral, qui font subir une pression intolérable aux femmes venant consulter. De plus, dans le contexte actuel de politiques d’austérité, les femmes sont les plus touchées par le chômage, le sous-emploi, la paupérisation.

Temps et conditions de travail, salaires, précarité, services publics, violences : autant de questions où l’approche féministe est indispensable et doit s’articuler avec l’approche syndicale générale.

Rappelons aussi que l’École reste un lieu de reproduction des stéréotypes et ne remplit pas correctement sa mission d’éducation à l’égalité, faute de moyens, de formation et de volonté politique, que de nombreuses publicités et médias continuent à véhiculer des images dégradantes de « la » femme, entre objet sexuel perpétuellement disponible et fée du logis. Car l’écueil est bien là ; c’est dans les consciences que l’égalité doit devenir réelle, et les lois et actions publiques sont les premières garantes des droits qui ont été conquis. La formation de tou-tesles agent-es de la Fonction publique, en particulier des enseignant-es, doit intégrer les problématiques d’égalité femmes/hommes.

L’appareil législatif s’est doté de textes protégeant officiellement l’égalité, mais l’État ne s’est pas donné tous les moyens de les mettre en place. Malgré les lois sur la parité, l’exclusion des femmes des places de décision dans le monde professionnel, politique, syndical se perpétue. La recréation d’un ministère des droits des femmes est néanmoins le signe de l’intérêt qui leur est porté. Cependant, les propos sexistes envers les femmes politiques se sont multipliés et, si le gouvernement actuel est paritaire, la composition des ministères ne l’est pas. On est bien loin de l’État exemplaire revendiqué !

Un syndicalisme qui œuvre pour la transformation sociale doit promouvoir une société qui traite et considère les femmes et les hommes de façon égalitaire, aussi bien dans le domaine privé que dans le domaine public. La FSU fait partie du mouvement féministe et est présente dans toutes les mobilisations actuelles. Elle s’investit notamment dans les actions de la Marche Mondiale des Femmes, du Collectif National pour les Droits des Femmes.

La défense des droits des femmes ne peut être faite à coups d’annonces politiques bienfaisantes. Elle doit être accompagnée de moyens réels pour les services publics, pour la politique familiale, l’accueil de la petite enfance, la prise en charge de la dépendance, pour une politique de l’emploi offensive refusant toute entorse au droit du travail, tant au niveau des horaires que des conditions de travail et des rémunérations, pour la lutte contre les discriminations, pour la prévention des violences et l’autonomie des femmes.

La FSU revendique :

- la promotion d’une éducation anti-sexiste à destination des jeunes (révision des programmes, des manuels scolaires, formation des personnels, éducation affective et sexuelle...) ;

- la systématisation d’une éducation aux questions d’égalité pour les personnels de tous les services publics, avec des moyens réels donnés aux établissements (EN, PJJ, Pôle emploi,... ) ;

- l’élargissement effectif des choix d’orientation et de professions ;

- la sanction systématique des entreprises qui ne respectent pas l’égalité professionnelle, et l’arrêt du recours aux temps partiels imposés. Le CDI et le temps complet doivent être la norme sur le marché du travail et, dans la Fonction publique, la précarité doit être résorbée ;

- la lutte contre le harcèlement sexuel (politique de prévention, sanctions) ;

- une retraite décente pour toutes et tous, notamment pas le rétablissement des bonifications pour enfant ;

- l’application de la loi contre les violences faites aux femmes de juillet 2010 et son renforcement par l’adoption d’une loi cadre sur les violences faites aux femmes ;

- l’accès garanti de tous et de toutes à une contraception remboursée intégralement, avec prise en charge immédiate des consultations et ordonnances par la sécurité sociale, ainsi que le remboursement de l’IVG à 100 % ;

- la création de centres IVG sous forme de structure d’établissement hospitalier ou des centres de santé publique avec CIVG, et des centres de santé sexuelle, l’arrêt de toute fermeture de centre IVG et la réouverture de la centaine de centres fermés depuis dix ans ;

- le rétablissement des subventions au Planning familial ;

- la réelle prise en compte dans la formation des personnels médicaux des questions spécifiques aux droits des femmes à disposer de leur corps ;
Il est temps de supprimer la clause de conscience concernant les IVG pour les médecins.

La FSU s’est engagée dans des campagnes en faveur de l’abolition de la prostitution. Celle-ci passe par des politiques publiques de développement de dispositifs d’accueil et de suivi, la suppression du délit de racolage pour les prostitué-es, l’accès aux droits sociaux, une politique réelle d’insertion sur le marché du travail pour les personnes prostituées qui veulent sortir de la prostitution, le développement des moyens dans la lutte contre la traite des femmes et le proxénétisme.
Elle propose de poursuivre les relations avec les associations féministes pour continuer sa réflexion sur les moyens permettant d’y arriver. Plus généralement, la FSU se dotera d’outils afin de poursuivre les débats sur les questions des droits des femmes.

La FSU s’oppose à la légalisation de la Gestation pour Autrui qui constitue une atteinte inacceptable aux droits des femmes (en particulier les plus pauvres) et une marchandisation de leurs corps.


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