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Refondation : oser dire NON

jeudi 20 décembre 2012  Enregistrer au format PDF


L’éducation a bien besoin d’une « refondation » pour les élèves et avec les personnels. On en est loin avec les politiques éducatives de ce gouvernement qui se mettent peu à peu en place : manque de rupture avec les orientations précédentes (même architecture scolaire (limite à la fin du collège pour les uns, bac + 3 pour les autres) ; même pilotage (gouvernance, contractualisation), même logique d’individualisation (des parcours, des aides,…) aux dépends du collectif. De nombreux points essentiels ne sont pas inscrits ouvertement dans la loi mais seront fixés par décret (durée et contenu des cycles au collège, rythmes à l’école primaire). D’autres comme l’avenir de l’orientation , de la formation professionnelle publique sont assujettis à la prochaine phase de décentralisation, qui rompt avec un cadrage national inhérent à une éducation que nous revendiquons nationale ! Malgré les annonces et la médiatisation de mesures-phares comme la programmation (déjà insuffisante) de créations de postes ou la mise en place d’une nouvelle formation, on ne trouve pas dans le projet de loi d’élan réel de démocratisation scolaire de nature à mettre en place une refondation digne de ce nom.

Les choses qui fâchent sont à venir mais déjà bien présentes dans les esprits des personnels, de plus en plus inquiets et en colère :
Sans véritable mise en place d’un « plus de maîtres que de classes », la réforme des rythmes va accroître le poids des collectivités locales dans les écoles et alourdir sans contre-parties les conditions de travail des enseignants ; celle de la formation des enseignants prévoit des ESPE contractualisées, un poids renforcé des régions et même le recrutement de futurs enseignants en CDD en 2013, ; quant à la formation professionnelle, là encore avec un poids renforcé des régionssur la carte des formations , une mise à disposition d’une partie des Co-psy des CIO via la loi décentralisation , c’est de fait toute la finalité de l’école qui s’en trouve modifiée, tournée alors vers l’employabilité (le monde du travail étant désormais omniprésent, sous les traits de l’entreprise, dans la classe dès la 6ème …)

Dans ce contexte, la FSU peut se féliciter de quelques points positifs de la loi, mais point trop n’en faut : le dessein éducatif proposé n’est pas le nôtre, et il faut le dénoncer. Il faut envisager le système éducatif dans sa globalité, et ne pas se laisser enfermer dans l’approche fragmentée (en terme d’attaques et de « priorités ») voulue par le gouvernement qui masque, en réalité, une cohérence politique : désengagement de l’état, cadre budgétaire contraint, autonomie et compétitivité, pour un système scolaire assujetti aux règles néolibérales… La FSU doit donc tenir tous les bouts : jouer collectif en son sein pour revendiquer d’une seule voix, en finir avec les querelles mortifères et porter un projet éducatif fédéral ambitieux ; dans le même temps, il lui faut durcir le ton envers le ministère, construire la mobilisation avec les personnels pour engager un rapport de forces et pour imposer d’autres choix.


Véronique Ponvert, Ecole Emancipée


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