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Projet éducatif local (ou global) :Lutter contre les inégalités … au risque d’en créer de nouvelles

jeudi 20 décembre 2012  Enregistrer au format PDF


Dans le débat éducatif de ces dernières années, la question du projet éducatif local (PEL) revient régulièrement au premier plan, portée notamment par l’Appel de Bobigny : collectivités territoriales, associations complémentaires, mouvements pédagogiques, parents FCPE, syndicats… L’argumentation est apparemment limpide :

1. L’École ne parvient pas à faire réussir tous les élèves et à réduire les inégalités, sociales et scolaires,

2. L’éducation n’est pas du seul ressort de l’École et du temps scolaire,

3. Il existe un grand nombre d’offres de services « éducatifs » dans le temps périscolaire,

4. Ces offres contribuent à enrichir la formation, le bagage culturel, les connaissances et compétences des jeunes, et par là-même à la réussite scolaire,

5. Il est souhaitable, dans l’intérêt des jeunes et pour l’efficacité du système, de mettre en cohérence et complémentarité les offres scolaire et périscolaire, plutôt qu’elles cohabitent en s’ignorant, voire qu’elles se fassent concurrence.

La fonction du projet éducatif local serait d’établir des ponts entre le monde de l’Ecole (temps scolaire) et les autres composantes éducatives (temps péri ou extrascolaire). Certains proposent que le PEL chapeaute l’ensemble des temps de l’enfant, et que le projet d’école ou d’établissement n’en soit qu’une composante « comme les autres ».

Cette conception se heurte de fait à quelques obstacles majeurs :
- Le service public d’éducation est, par essence, offert – de façon théoriquement égalitaire - à tous les jeunes indépendamment de leur milieu d’appartenance (social, géographique, …). Quelles que soient les vertus des projets locaux (collectivités, associations), leur caractéristique est qu’ils sont proposés de façon très diverse et inégalitaire.
- La complémentarité mise en avant peut vite faire place à des formes de concurrence, dès lors que le service public national d’éducation ne dispose pas des moyens de ses missions. Ainsi, des municipalités, départements, et associations diverses proposent ici et là des « compléments » sportifs, artistiques, culturels,… de qualité, alors que l’École peine à gérer des effectifs toujours plus lourds, des horaires indigents, des locaux et installations insuffisants. L’État lui-même, à travers l’accompagnement éducatif en particulier, propose localement des activités diverses censées compléter l’enseignement, mais qui de fait peuvent s’inscrire en concurrence jusque sur le temps scolaire. Le débat actuel sur les rythmes à l’école primaire et la plage horaire 15h30-16h30 est significatif.

Il y a donc une voie à trouver entre une complémentarité et un enrichissement mutuel, que nous appelons de nos vœux, pour la réussite de tous et contre les inégalités, parce que l’École ne peut pas tout, et une survalorisation des actions d’accompagnement, qui en recrée d’autres : le périscolaire ne peut ni ne doit « faire l’École à la place de l’École ».

Pour le SNEP, Michel Fouquet


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