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Projet de loi Peillon : une seule exigence, le RETRAIT

jeudi 20 décembre 2012  Enregistrer au format PDF


Après des mois de “concertation”, le projet de loi Peillon et son annexe passeront au conseil des ministres en janvier, puis au Parlement. Les piliers des “réformes” précédentes sont conservés. Les objectifs fixés à l’école, “faire partager les ‘valeurs’ de la République” et “l’insertion sur le marché du travail ”donnent l’axe de la loi et des décrets à venir.

Le socle commun, principe organisateur

L’acquisition et l’évaluation des “compétences” consignées dans un LPC ordonnent le “parcours individuel” de chaque jeune dans le cadre de la “formation tout au long de la vie”. Parcours de découverte du monde économique et professionnel dès la 6ème et évaluation de l’enseignement moral annoncent le formatage de la jeunesse.
L’individualisation des parcours est la règle, les redoublements “couteux” laissant la place à des “projets de réussite éducative”, voire à une sorte de chèque éducation pour ceux qui n’ont pu valider le socle. Les programmes, la nature des épreuves d’examens redéfinis en termes de compétences préparent la liquidation de la valeur nationale des diplômes, dont le bac.
Au collège, les “pratiques différenciées”, les “modules d’enseignements complémentaires”, les stages professionnels organisent un enseignement à la carte. Et au lycée, on prévoit une continuité “bac -3/bac +3”, des “parcours plus diversifiés”, l’évaluation des compétences dans tous les enseignements… Ainsi se prépare une étape ultérieure : le mélange école primaire / collège (école du socle), et lycée / premier niveau universitaire.

Territorialisation de l’enseignement public

Les “projets éducatifs territoriaux” (PEL) associant école, collectivités territoriales, associations, fondations introduisent la confusion entre scolaire et péri-scolaire, soumettant l’organisation de la semaine aux collectivités. Noyés dans des “parcours personnalisés d’éducation artistique et culturelle” dans le cadre de “partenariats avec les collectivités territoriales”, les enseignements artistiques sont ouvertement menacés. Et l’introduction du “numérique” dans les programmes permet l’ouverture aux pouvoirs régionaux.
Le transfert aux régions de la carte des formations initiales (professionnelles et technologiques) et de l’orientation scolaire soumet la formation aux pouvoirs locaux.
Les contrats d’objectifs (établissement, rectorat, collectivités) renforceront la place et le contrôle des collectivités (voire des entreprises) dans les CA.
La mise à disposition des régions des COpsy des CIO, le pilotage du cycle CM2-6ème par un conseil école-collège, l’annonce de la redéfinition du métier, etc. illustrent le processus de dislocation des statuts.
Ce projet de loi entièrement construit pour disloquer l’école publique n’est ni amendable, ni négociable. C’est son retrait intégral qui doit être exigé. Ce qui implique la rupture immédiate de toutes les négociations sur le projet de loi et sur les décrets d’application.

Hélène Bertrand
Émancipation


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