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Pourquoi la FSU ne veut pas gêner le gouvernement

jeudi 20 décembre 2012  Enregistrer au format PDF


Qu’avons-nous obtenu avec "le dialogue social" ? Que pouvons-nous espérer des "concertations" sans appel à l’action ? Depuis des mois les directions syndicales défendent l’attentisme : "les collègues ne sont pas prêts à se mobiliser","la grève est contre productive en ce moment".
Les responsables syndicaux restent englués dans le "dialogue social"(*). Dans le même temps l’essentiel des réformes du gouvernement précédent sont maintenues. Par exemple, que penser du refus d’annuler les sanctions contre les collègues en résistance pédagogique ?
La liste est longue des régressions à abroger.

La construction du "nouvel outil syndical" dont parle la FSU n’intéresse pas les collègues. Dans son désir de respectabilité la FSU aimerait adhérer à la CES pour "réorienter la construction européenne" ! Autant faire passer un chameau par le chas d’une aiguille. La FSU a-t-elle besoin de prouver qu’elle est fréquentable à ses partenaires syndicaux ?

Le rôle du syndicat est d’organiser la mobilisation à partir des revendications des personnels, pas d’accompagner les régressions. Il ne s’agit pas de se contenter de journées d’action sans lendemain pour "peser sur le gouvernement" ou "faire reculer" le pouvoir ou encore montrer qu’on est mécontents… mais lutter jusqu’à la victoire des revendications. La FSU n’a jamais voulu appeler à la grève reconductible, elle a toujours repoussé cette perspective pourtant indispensable.

Il faut en finir avec le syndicalisme de sondages et d’experts, mobiliser les personnels, discuter sur la base des revendications et non sur la base des choix du gouvernement. La FSU doit prendre ses responsabilités, sortir du syndicalisme d’accompagnement et retrouver le chemin des luttes pour faire aboutir les revendications en s’appuyant sur les collègues qui sont, beaucoup plus qu’on ne le dit, prêts à agir. Les ressources financières de la FSU doivent être consacrées à développer les manifestations. Si on veut gagner on ne pourra pas faire l’économie de mettre beaucoup de monde dans la rue pendant longtemps, il n’y a rien à attendre des "négociations" sans construction du rapport de force nécessaire. De la même façon les stages syndicaux doivent s’inscrire dans le syndicalisme de lutte plutôt que d’analyser les reculs.
Nous partons de loin : depuis quand la FSU n’a-t-elle pas appelée à la grève ou à une manifestation nationale à Paris ?
L’alignement de la FSU sur l’intersyndicale doit- il être maintenu ? Nos décisions doivent-elles dépendre du positionnement de l’intersyndicale ?
Le refus des directions syndicales de s’associer à l’appel à la manifestation du 30 septembre 2012 contre l’austérité, et de créer les conditions d’une véritable mobilisation, constitue une faute.

Édouard Martin
Émancipation Aveyron

(*) Les modifications des articles 17 et 18 (en apparence anodines) visent à inscrire dans nos statuts le ralliement de la FSU au "dialogue social" conformément aux accords de Bercy de 2008.


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