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Le rétroviseur est cassé ?

jeudi 20 décembre 2012  Enregistrer au format PDF


Le début du thème 4 revient sur la lutte sur les retraites en 2010. L’orientation de "l’intersyndicale" et de la FSU est présentée comme étant la seule possible.

La réalité est assez différente.

Les mobilisations ont été d’un niveau rarement égalé et le gouvernement en grande difficulté. Manifs ou grèves massives, reconductibles avec des réactions solidaires (raffineries) : la défaite du gouvernement était possible. Et la grève générale plus qu’envisageable !

Les stratégies des principales directions syndicales, de l’intersyndicale ou non, n’ont pas permis la victoire. Quelques timides réserves qu’on n’avait pas entendues à cette époque de la part de la direction de la FSU sont exprimées.
Faisant l’impasse sur trois éléments :
- l’intersyndicale nationale n’a JAMAIS pris position pour le retrait du projet gouvernemental, ni même contre l’allongement des annuités ; pire, certains ont affirmé la possibilité d’un accord sur la base du projet gouvernemental modifié à la marge (mesures sur la "pénibilité"). La recherche obstinée du "dialogue social" a mené à une impasse.
- l’intersyndicale a REFUSÉ de se prononcer pour le blocage économique du pays et d’organiser la convergence des secteurs en lutte lorsque cette perspective devenait sérieuse : aucun appel à reconduire les grèves, ni même à s’appuyer sur les secteurs les plus mobilisés. Un de ses communiqués condamnait même implicitement les actions trop radicales (communiqué du 21/10/2010 : "Elles veilleront au respect des biens et des personnes").
- dans ce cadre, la direction de la FSU a systématiquement signé les textes "intersyndicaux" et s’est alignée sur les organisations les moins combatives.

Si nous tirons des enseignements, le principal est absent : celui du rôle de la grève. Cette lutte a montré qu’elle ne sert pas seulement à nourrir des manifs limitées au rôle de "thermomètre" social. Non, elle sert à organiser la lutte : en allant mobiliser les autres établissements ou entreprises ; en s’attaquant au fonctionnement du système économique et politique (les "blocages") ; en faisant converger les salarié-e-s en grève pour agir. Mais aussi en organisant la solidarité - y compris financière - avec les secteurs en pointe dans la lutte , tout en s’appuyant sur eux pour entraîner les salarié-e-s révolté-e-s mais sceptiques sur l’issue de la lutte quand leurs "représentant-e-s" frayent sans vergogne avec le capitalisme.
Cessons de louvoyer et appuyons-nous sur les luttes sans discussions byzantines sur le "rapport de forces", Il existait lors du mouvement sur les retraites et c’est la base qui a réagi.
Notre syndicalisme doit plutôt chercher de ce côté-là s’il veut avoir un avenir plutôt que de continuer dans une évolution néfaste d’experts en "dialogue social" dont on constate chaque jour les méfaits chez les travailleur-es de tous les pays.

La lutte de classes, ce n’est pas une expression creuse : c’est une réalité !

Henri Fourtine
Émancipation


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