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Le changement : ni maintenant, ni plus tard

jeudi 20 décembre 2012  Enregistrer au format PDF


De la ratification du TSCG à l’accord Mittal-Matignon sur Florange, la liste est longue de ce que les esprits les plus charitables appelleront des renoncements sous la pression du patronat, quel qu’en soit l’avatar : agences de notation, marchés, MEDEF, faux « pigeons » ou vrais prédateurs comme Mittal. De rupture avec le libéralisme il n’a jamais été question, ni chez le candidat Hollande ni pour son gouvernement, qui ne conçoivent une politique de gauche que dans l’aménagement aux marges d’un capitalisme en crise.

On est loin des attentes que traduisait la défaite de Sarkozy. L’austérité est plus que jamais à l’ordre du jour, se déclinant, avec le pacte de compétitivité, en cadeaux fiscaux à fonds perdus au patronat sur le dos des salariés et des ménages qui paieront doublement la facture : en perte de revenus et en perte de services publics. En attendant bien sûr une grande réforme du marché du travail, une remise en cause du SMIC et un énième « sauvetage » de la Sécu et des retraites dans la même veine que les précédents. Quant aux ministères « prioritaires », l’affichage relève du trompe l’œil : la refondation de l’école reste du Fillon toiletté avec au bout du quinquennat 20 000 postes en moins par rapport à 2005 ; la construction de nouvelles prisons absorbera l’essentiel de la priorité dans la Justice. Des changements « budgétairement » neutres mais qui seraient de vrais marqueurs politiques comme la suppression de la journée de carence ou de la « nouvelle gouvernance » ne sont pas même à l’ordre du jour dans la FP. Pour ne rien dire de dossiers comme celui des sans-papiers sur lesquels le changement ne coûtait pas un sou mais qui verront pourtant une intolérable continuité avec la politique du précédent gouvernement. Au final, une des seules promesses tenues sera l’acte 3 de la décentralisation, dont on sait ce qu’il signifie de désengagement de l’État, d’accroissement des inégalités territoriales, et de déficit démocratique.

Que peut espérer le syndicalisme de transformation sociale dont se revendique la FSU dans un tel contexte ? La défense des salariés et des services publics suppose certes de négocier d’arrache-pied pour sauver ce qui peut l’être, mais cela n’a de sens qu’en se donnant les moyens de mettre à bas l’ensemble du projet régressif qu’on nous impose. Car la société libérale qui se met en place au fil des réformes ne correspond en rien à celle que nous voulons : une société solidaire, où les groupes et individus puissent s’émanciper de toute forme d’oppression, et où le développement du bien-être social se fait dans le respect des équilibres écologiques. On ne fera pas changer la nature des politiques à l’œuvre sans une intervention déterminée des salarié-es dans le champ politique et social. Les colères qui montent partout, dans les secteurs professionnels et en Europe ne peuvent déboucher sur des luttes progressistes que si les acteurs du mouvement social et syndical proposent des perspectives. Si la France n’est pas -encore- la Grèce, les dégâts de la crise du système capitaliste ne laisseront pas le corps social indemne. Il est de notre responsabilité d’alerter les salariés sur le sens des politiques à l’œuvre, sur les alternatives possibles, et de leur proposer les voies de la mobilisation collective.


Marie-Cécile Périllat, Ecole Emancipée


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