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Langues régionales : une question toujours spécifique et un nouveau contexte.

jeudi 20 décembre 2012  Enregistrer au format PDF


Défendre les langues de France contribue à maintenir et à développer la diversité et la richesse culturelles du monde.

Si aujourd’hui 150.000 élèves reçoivent un enseignement de et/ou en langue régionale, l’UNESCO classe la plupart de nos langues parmi les langues en danger. Face à l’évolution de la transmission familiale, le service public d’éducation est investi d’un rôle majeur pour transmettre ces langues et assurer leur pérennité.
Depuis la loi Deixonne (1951), le Ministère de l’Education nationale a procédé par arrêtés et circulaires.

La FSU avait pointé le risque de désengagement de l’Etat et les inégalités probables entre régions. Cette analyse s’est révélée juste :
là où les collectivités territoriales s’investissent (Bretagne, Pays Basque, Corse...), il est possible de peser tous ensemble pour obtenir des ouvertures et combattre des fermetures. Certaines créent des Offices Publics qui peuvent réaliser des études et analyses que les Rectorats et les DSDEN (ex IA) ne font pas.
Dans le même temps, l’Etat a accentué son désengagement : diminution drastique du nombre de postes aux CAPES (voire au CRPE), insuffisance de postes d’encadrement et d’animation pédagogiques, formation initiale sacrifiée comme dans les autres disciplines, aucune politique volontariste de formation notamment pour les futurs PE ou encore des titulaires en poste désireux de se former en LR…

L’actuel Président de la République s’est engagé à faire ratifier par la France la Charte des langues régionales et minoritaires. De son côté, l’ARF (Association des Régions de France) revendique un transfert de compétences de la politique en faveur des langues régionales qui accorderait aux régions un rôle de chef de file et de coordination entre l’État, les départements, les communes et les intercommunalités.
Si les politiques linguistique et culturelle volontaristes de certaines régions sont louables, la FSU rappelle son opposition au désengagement de l’État vis-à-vis du service public d’éducation.

La FSU demande donc que l’Etat réaffirme dans les principes et dans les actes le rôle du service public d’Education pour l’enseignement bilingue, l’enseignement de et ou en langue vivante et l’enseignement optionnel des langues régionales.

La FSU n’est pas opposée à un partage des compétences entre l’Etat et les régions sous certaines conditions :
l’Etat doit rester maître d’œuvre du recrutement, de la formation initiale et continue, de la gestion des enseignants (affectation, carrières) ainsi que des programmes.
L’Etat doit reconnaître les langues régionales comme des langues à part entière, traitées comme telles (horaires, programmes et épreuves nationales).

L’implantation des sections bilingues, enseignements optionnels et langues vivantes dans le premier et le second degrés pourrait relever d’une concertation entre l’Etat et les collectivités territoriales, l’Etat restant de fait maître de la décision (cf. 1er tiret).
Les différentes instances paritaires de concertation doivent être consultées obligatoirement. Idem pour l’expression des besoins en recrutement. La FSU combattra toute carte scolaire établie dans une optique de complémentarité public-privé.
En tout état de cause, la FSU considère qu’une loi-cadre est nécessaire pour sécuriser la situation des langues régionales notamment dans le service public d’éducation. Non prises en compte dans la loi d’orientation sur l’école, elles doivent le devenir.

Sur les questions plus spécifiques du premier degré et du second degré, la FSU reprend les mandats de ses syndicats nationaux, exprime son souhait de continuité de l’enseignement et demande une politique d’offre généralisée. Elle réaffirme son opposition à la RGPP.

Joan-Miquèu Espinasse (SNUIPP)
Marie-Jeanne Verny (SNESUP)
Thérèse Jamet-Madec (SNES)
Marc Rollin (SNES)


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