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La direction de la FSU doit se prononcer pour le retrait du projet de loi d’orientation.

jeudi 20 décembre 2012  Enregistrer au format PDF


Si le projet de loi d’orientation présenté par le gouvernement Hollande-Ayrault-Duflot-Pinel, a été préparé et rédigé afin de ne pas heurter de front les enseignants, peut-on, s’abstenir au CSE du 14-12, ou comme le fait le communiqué de la FSU du 6 décembre dire que « la FSU partage nombre des orientations données dans ce projet », ou encore « la FSU note que certaines propositions qu’elle porte ont influencé la rédaction du texte… » ? Outre les platitudes de rigueur, pleines de bonnes intentions, celles dont l’enfer est pavé, le texte lui-même se coule dans les politiques qui ont prévalu depuis la loi Fillon de 2005, compétences, accompagnement personnalisé, contre-réforme des lycées, etc… Il formule clairement un certain nombre d’attaques non détournées : transfert vers les régions des CIO, et ce en dépit de la grève en 2003, définition par les régions de la carte de formation professionnelle afin de l’adapter aux besoins locaux de la bourgeoisie. Le poids des collectivités territoriales renforcé dans les conseils d’école et les CA des collèges et lycées, nomination de « personnalités du monde économique et social » dans les CA, accords avec des associations et les collectivités territoriales pour les activités périscolaires, conseils collèges-écoles pour des projets d’enseignement, avec toutes les conséquences sur le contenu des enseignements comme sur les statuts.

Mais c’est autant parce que la loi renvoie à des décrets qu’elle est une menace, une étape qui se veut d’abord consensuelle vers des décisions qui remettront en cause les statuts, les enseignements : les rythmes scolaires et l’allongement de l’année scolaire, l’entrée de milliers de stagiaires qui ne seront pas titulaires des concours et donc pas fonctionnaires. C’est cette démarche et la réaction bienveillante des directions syndicales qui permet immédiatement dans la foulée à Peillon d’annoncer à qui veut l’entendre une ouverture de négociations, présentée comme la revalorisation du métier d’enseignant, et qui conditionnent l’hypothétique augmentation des salaires à une redéfinition bien réelle des services, tant dans le contenu que dans une augmentation du temps de travail : « en changeant aussi la nature du métier. Ça ne peut pas se faire en 2013, on peut ouvrir les discussions en 2013, ma porte est ouverte, je suis prêt à partir de janvier 2013 à ouvrir la grande négociation qui n’a jamais eu lieu dans ce pays sur la refondation du métier d’enseignant. Il y aura bien entendu les contenus, qu’est-ce qu’on fait quand on enseigne (…) et citant le désormais universel exemple allemand, « pourquoi garde-t-on uniquement le salaire et pas tout ce qui justifie le salaire ? »(RMC 10-12) L’on apprend ainsi que les enseignants parmi les moins bien traités des pays dits développés, ne mériteraient une augmentation de salaire qu’en fonction de la destruction de leur statut, et tout particulièrement des décrets de 50 ! Ce que Sarkozy promettait d’ailleurs lors de sa campagne électorale.

La FSU a donc la responsabilité de se prononcer pour le retrait du projet de loi et de cesser toute discussion dans ce cadre.

Julien Barathon, Front Unique,
élu CA académique SNES de Clermont.


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