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Initiative intersyndicale contre l’extrême droite

vendredi 8 novembre 2013  Enregistrer au format PDF

Première note FSU sur le travail intersyndical contre l’extrême-droite


L’extrême-droite pèse sur la vie politique française. Les derniers résultats électoraux du Front National sont préoccupants et les prévisions et différents sondages indiquent le risque d’une influence importante.

Le phénomène se nourrit de la succession d’offensives libérales produisant des effets destructeurs dans les milieux populaires. La crise démultiplie les impacts : chômage et précarité de masse, inégalités sociales, désindustrialisation, inégalités territoriales... Les politiques d’austérité avec le blocages des salaires, la multiplication des concessions aux secteurs patronaux très offensifs produit un mouvement de déception profonde. L’abstention dans les couches populaires pourrait en être une des expressions.

Dans le même temps, Le FN , a entrepris de déployer une nouvelle politique de « dédiabolisation » sous l’égide de Marine Le Pen. Même si sur le fond, comme viennent de le révéler les attaques odieuses d’une de ses candidates tête de liste contre Christiane Taubira, le vieux terreau continue de dominer.
Le FN s’adresse à tous les secteurs sociaux, avec un soin particulier en vue des prochaines scrutins à s’adresser aux salariées, aux ouvriers, aux fonctionnaires... Il a opéré un véritable tournant en camouflant ses hymnes libéraux se targuant d’être un défenseur des services publics, dénonçant l’Europe libérale et toutes ses conséquences sociales. Loin de se prononcer pour l’appel à l’armée comme lors des mobilisations contre la réforme des retraites Sarkozy, il va jusqu’à condamner la dernière réforme des retraites gouvernementales.

Le changement de stratégie réside dans sa présentation comme un parti de gouvernement. La crise à l’intérieur des droites se trouve accentuée par la question des relations avec l’extrême-droite. Tour à tour un certain nombre de digues de la droite républicaine ou néo gaulliste cèdent, entraînant par ailleurs une dissociation des centristes.

La situation est dangereuse et le syndicalisme dans son propre champ est directement impacté. Parce qu’il est touché par le phénomène de désaffection avec la montée dangereuse de « tous pourris » ou du « la droite et la gauche, c’est pareil, essayons le FN ».

Le tableau du vote des sympathisants des différents syndicats concernant l’extrême-droite reproduit dans le dernier « Regards croisés » le montre bien (revue de l’Institut de Recherches de la FSU (n° 07 juillet-août-septembre 2013 page 35). Aucun syndicat n’est épargné même si les chiffres peuvent énormément varier (+ de 25% pour FO et 3% pour la FSU).

La pénétration de l’extrême-droite dans les rangs syndicaux est réelle, avec des formes différentes de ce que nous avions connu dans les années 90. Il ne s’agit plus de syndicats d’extrême-droite (qui ont été cassés par les recours juridiques) mais d’adhérents ou de militants gagnés par des idées et programmes de l’extrême-droite.

Aucun milieu professionnel n’est épargné comme le montre la création du « collectif racine » rassemblant une poignée de personnes de l’Education nationale.

Pour toutes ces raisons et bien sûr pour celles qui tiennent à notre histoire, nos valeurs, nos principes éthiques, nous avons décidé de construire une campagne de longue durée contre l’extrême-droite. Nous avons choisi de la mener avec d’autres organisations syndicales car nous savons que c’est le mouvement syndical dans son ensemble qui est concerné. Nous nous sommes donc adressés à la CGT, CFDT, l’Unsa, et Solidaires dans le prolongement du communiqué commun que nous avions signé en 2011 (« vigilance FN »). Pour l’instant, seuls la CGT et Solidaires ont répondu favorablement. Nous continuons de discuter avec la CFDT et l’Unsa pour qu’ils s’associent à notre campagne. Nous avons par ailleurs élargis aux organisations de jeunesse (UNEF, UNL Fidl, JOC) qui ont répondu positivement.

Quelle en est la conception ?

Il s’agit d’un travail syndical qui s’inscrit dans le temps et qui vise donc à être la plus unitaire possible. Il n’y a, de notre point de vue, aucune raison pour que sur un tel thème, des a priori idéologique empêchent les convergences syndicales. Ainsi, les divergences sur l’ANI de janvier 2013, ou sur la réforme des retraites ne sauraient être des obstacles insurmontables.

Notre conception initiale était d’organiser un stage de formation commun. Ce cadre s’est transformé en un travail à long terme, une campagne commune.
L’objectif n’est pas d’être sur une simple posture de dénonciation générale de l’extrême droite (car il ne s’agit pas que du seul FN, mais également de l’ensemble de la nébuleuse d’extrême-droite (Troisième voie, Identitaires, Soral-Dieudonné...) mais de la combattre sur le fond. Il s’agit donc de décortiquer les programmes, idées avancées… pour construire une sorte d’argumentaire pour convaincre les salariés (retraités, jeunes, chômeurs, etc.) de la dangerosité mais aussi du fait que l’extrême droite n’est pas la solution à leurs problèmes. Une dé construction systématique du logiciel du FN, thème par thème.

Le but est donc de produire en commun les matériaux servant de base à la contre-offensive. Nous voulons donner aux équipes syndicales des outils pour s’opposer « à la résistible ascension du FN » (pour reprendre le titre du dossier de regards Croisés). Ce matériel commun servira à alimenter les initiatives multiformes décentralisées (dans les congrès syndicaux, les stages, les initiatives publiques unitaires, les échanges avec les personnels...).

Ce travail commun débutera par une journée de travail à Paris le 29 janvier 2014 (Bourse du Travail rue du Château d’Eau à Paris).

La journée s’organisera autour d’ateliers après une partie introductive avec la diffusion d’une vidéo : le mouvement syndical face à l’extrême-droite dans l’histoire.

4 ateliers sont pour l’instant prévus le matin :
-  immigration/discriminations/préférence nationale
-  luttes des peuples en Europe face à l’extrême-droite
-  combattre le projet sexiste de l’extrême-droite et sa préférence familiale
-  les municipalités sous gestion d’extrême-droite et les territoires

Puis l’après-midi : synthèse des ateliers du matin puis 4 autres ateliers sur un seul thème : combattre syndicalement le pseudo discours social de l’extrême-droite. Y seront développés les sujets tels que le programme économique du FN, le discours de l’extrême-droite sur l’État, les services publics, les fonctionnaires, l’éducation, la mondialisation, l’Europe.

La conclusion de cette journée sera faite par les secrétaires généraux et porte-parole des 3 syndicats et l’intervention des organisations de jeunesse.

Nous espérons ainsi, dans un cadre unitaire intersyndicale, construire un véritable outil, fidèle à notre histoire et à notre projet syndical.

Nous vous donnerons au fur et à mesure toutes les informations complémentaires.


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