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Formation initiale différée

jeudi 20 décembre 2012  Enregistrer au format PDF


Pourquoi attendre demain pour investir dans la formation de tous les jeunes ?

Non, il ne suffit pas de laisser les jeunes en difficulté scolaire « galérer » sur le marché de l’emploi pour développer leur appétence aux études ou leur redonner goût à la formation. Si le passage par le monde de l’entreprise peut être un élément déclencheur pour certain-es jeunes dans la reprise d’étude, les retours en formation sont souvent très compliqués, notamment pour les jeunes peu ou pas qualifié-es. La généralisation de cette idée : « il/elle n’aime pas l’école, proposons lui autre chose ! » mise en pratique ces dernières années est dangereuse et non respectueuse de la jeunesse de notre pays.
Le désengagement de l’EN dans la prise en charge des publics les plus éloignés de la culture scolaire, par leur éviction de l’Ecole, de plus en plus jeune, avec la multiplication de dispositifs, notamment ceux ayant pour objectif d’alimenter les secteurs professionnels sous tension via l’apprentissage, a eu pour conséquences de développer les inégalités scolaires et de ne pas diminuer les sorties sans qualification à une époque où le diplôme reste primordial pour s’insérer professionnellement.
Les garanties de l’emploi durable et de reconversions futures reposent sur un niveau de formation initiale élevé. La Formation tout au long de la Vie ne doit donc pas être un alibi servant à l’Etat pour se désengager encore plus de la formation initiale des jeunes.
Si la formation initiale différée doit permettre à un-e salarié-e dont la formation initiale a été interrompue de reprendre des études s’il/elle le souhaite, l’Etat doit reconnaître sa responsabilité en cas de sortie sans qualification. Il doit donc être le financeur de cette formation différée. Sinon, le danger est bien que l’Etat se serve de ce dispositif pour se désengager encore plus de la formation initiale, et notamment de l’enseignement professionnel.

Dans le cadre d’une scolarité obligatoire jusqu’à 18 ans, toute sortie avant, peut être considérer de notre point de vue comme prématurée. L’Etat doit donc se donner les moyens, dans le cadre de la formation initiale sous statut scolaire, de former tous les jeunes pour qu’ils puissent avoir à minima un diplôme de niveau V (CAP ou BEP), le diplôme de niveau IV (BAC) devenant, à terme, l’objectif minimum pour tous. Dans le cadre actuel (scolarité à 16 ans), il faut que l’Etat puisse intervenir à la fois en terme de prévention mais aussi de prise en charge du décrochage. Il faut donc rompre là aussi avec les politiques développées par le précédent gouvernement : le transfert de ces jeunes le plus rapidement sur des dispositifs hors Education nationale, dispositifs qui perdurent en région. Urgence est donc de développer à la fois un droit de retour aux lycées pour ces jeunes avec des dispositifs de prise en charges spécifiques et surtout la mise en place d’un véritable droit à la formation des salarié-es qui pourrait être inversement proportionnel au niveau de qualification.


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