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FDE : faire vivre les mandats FSU !

jeudi 20 décembre 2012  Enregistrer au format PDF


Le gouvernement nous a annoncé une grande réforme de la formation des enseignants, avec comme mesure phare la remise en place d’une année de fonctionnaire-stagiaire à mi-temps devant élèves (pour 2014), la création des ESPE et la mise en place d’emplois d’avenir professeur. Ces mesures –telles qu’elles sont proposées aujourd’hui, sont-elles de nature à améliorer la qualification des enseignants ? Nous aimerions le croire. En effet, les grands principes d’une formation intégrant disciplinaire et professionnel, irriguée par la recherche mis en avant ces dernières années sont mis à mal par les mesures concrètes. Le choix de placer le concours en M1 coupe le master en deux avec le risque majeur de revenir à une dichotomie disciplinaire/professionnel, celui de mettre les M2 à mi-temps devant élèves rend plus qu’improbable la production d’un mémoire en lien avec la recherche. Nous n’avons donc pas une réelle mastérisation de la formation… Quant aux ESPE, ce sont - en l’état actuel du projet - des structures non pérennes, soumises aux rapports de force locaux, puisqu’elles sont « accréditées » pour 5 ans, renouvelables…ou pas.
Les nouveaux mandats proposés par la FSU sont à même d’orienter différemment la formation pour une réelle élévation des qualifications pour tous les niveaux d’enseignement. Encore faut-il les faire vivre.

Les pré-recrutements, que la FSU a défendus seule au départ, sont une priorité. Les emplois d’avenir-professeur, aides sociales pilotées par les tâches à effectuer dans les établissements mettront les jeunes de milieux populaires en difficulté pour réussir leurs études vers l’enseignement. 18 000 emplois d’avenir sont attendus d’ici 3 ans. Avec les étudiants, qui sont l’avenir de la profession, nous devons peser pour les transformer en pré-recrutements. Il faut poursuivre les débats : qui, comment, à quel moment pré-recrute-t-on ? Quelle contrepartie demander aux étudiants ? Y compris en envisageant des solutions différentes pour les PE, PLC et PLP.

D’autres sujets sont à prendre à bras le corps et nécessitent des négociations largement ouvertes et l’implication de tous les personnels : construire une formation et des épreuves de concours liant disciplinaire et professionnel, impulser la pré-professionnalisation en Licence, proposer des maquettes de master dignes de ce nom avec stages encadrés et mémoire de recherche, un cadrage national, une carte des formations, une véritable formation post concours, des parcours différents selon le moment où l’étudiant (ou le travailleur en reconversion) décide de s’orienter vers l’enseignement, une formation de formateurs, la mise en place d’ESPE pilotées démocratiquement, avec des moyens fléchés et des équipes pluri-catégorielles, etc.

La mise en place de la réforme est urgente, mais l’urgence ne doit pas être un prétexte pour obérer l’avenir et limiter les ambitions : il faut dès maintenant tout faire pour qu’à la rentrée 2013, les fonctionnaires-stagiaires ne soient pas à temps plein, que les M2 ne soient pas à tiers temps devant élèves afin de pouvoir préparer le master et faire un mémoire dans de bonnes conditions, qu’ils soient rémunérés à plein temps. Les 1000 postes prévus pour la formation doivent permettre de recruter des formateurs associés et PEMF, ainsi que des enseignants-chercheurs spécialistes d’éducation. La création des ESPE doit impliquer tous les acteurs concernés.
La FSU doit décider d’actions avec les formateurs, vers la presse, auprès des députés.

Claire Pontais
Pour le SNEPFSU


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