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Editorial

vendredi 1er février 2013  Enregistrer au format PDF

Féminisme et syndicalisme


À l’instar des organisations féministes, notre fédération est aussi un outil important pour faire avancer l’égalité entre les femmes et les hommes. Alors que de nombreux freins persistent à la prise en charge de cette question, ces dernières années ont pourtant été les témoins de quelques améliorations dans ce domaine.

Il a longtemps été préjugé qu’abolir les discriminations et les oppressions sociales impliquerait, de fait, l’éradication des inégalités entre les femmes et les hommes. Aujourd’hui on le sait, le patriarcat, même s’il se nourrit du système capitaliste, possède ses propres outils de domination que toute organisation progressiste doit combattre au même titre qu’elle lutte contre toutes les formes de discriminations sociales.

Aujourd’hui, les positions syndicales ont bougé, tous les syndicats affichent clairement leurs intentions de combattre les inégalités de sexe. Des revendications et des mandats sont élaborés sur cette question et portés dans la rue et dans les instances décisionnaires. Mais cela n’est pas suffisant et la vigilance des syndicalistes féministes est nécessaire car le chemin entre le discours et la pratique n’est pas encore entièrement franchi. Pour exemple, la féminisation des instances syndicales est loin d’être une
réalité aujourd’hui encore.

Si les femmes s’imposent progressivement dans les syndicats, cela ne se fait pas sans résistances. Les obstacles à l’investissement syndical pour les femmes sont multiples : ils tiennent essentiellement à leur place dans la société, à savoir, les charges qu’elles ont à assumer dans la sphère domestique ; en cause aussi, le peu d’espace qu’on leur octroie dans le monde politique et économique et, enfin, la persistance des préjugés et des stéréotypes dans quasiment tous les lieux de socialisation (famille, école, travail, médias…). Ces éléments ne doivent cependant pas masquer les facteurs propres au syndicalisme qui peuvent décourager les femmes à s’engager. Les femmes comme les jeunes syndiqué-es ne se reconnaissent pas toujours dans un modèle de militantisme qui absorbe la vie dans son entier. Or, le militantisme que nous pratiquons est très exigeant en termes de temps. De surcroît, la capacité à surinvestir le syndicat est un élément de reconnaissance au sein même des organisations. D’où la nécessité de réfléchir au partage des responsabilités, au cumul et à la durée des mandats. Au-delà de la féminisation des instances, la transformation des rapports femmes/hommes doit être au cœur de nos réflexions, de nos revendications et de nos stratégies syndicales. Trop souvent, les femmes responsables syndicales préfèrent s’autocensurer sur ces questions de peur d’être accusées de diviser le syndicat et/ou de porter des revendications trop spécifiques qui pourraient nuire aux revendications générales.

Le secteur femmes de la FSU qui organise la réflexion, diffuse les informations et participe à l’activité syndicale est une réponse partielle à ces difficultés. Il permet de considérer et de débattre de problématiques qui ne seraient pas traditionnellement prises en charge par les syndicats, comme la contraception, les IVG, les modes de garde des enfants, les violences conjugales et au travail. Il permet aussi d’assurer une sorte de « veille » féministe et d’intégrer la dimension de genre dans la réflexion syndicale et dans nos revendications. Temps, conditions de travail, précarité, services publics, violences au travail : autant de questions où l’approche féministe est indispensable et doit s’articuler avec l’approche syndicale générale.


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