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Déclaration de la FSU, CTM du 20 décembre

mardi 22 janvier 2013  Enregistrer au format PDF


La FSU avait déjà regretté de prendre connaissance du projet stabilisé de loi d’orientation et de programmation de l’Ecole sur les sites d’information en ligne ; or, hier c’est la presse qui a dévoilé la répartition académique des dotations de postes pour la rentrée 2013. Le dialogue social érigé en méthode pour la refondation de l’Ecole par le Ministre de l’Education nationale aurait- il du plomb dans l’aile ?
Nous rappelons ici l’exigence d’un dialogue serein et constructif , le respect du rôle des organisations syndicales représentatives à qui les personnels ont accordé leur confiance.
Notre système éducatif mis à mal par les politiques menées ces dernières années a besoin de changement. Cela nécessite des transformations profondes. Pour la FSU, un projet de loi d’orientation et de programmation doit donc fixer des perspectives ambitieuses pour tous les jeunes, de la maternelle à la fin du lycée. La démocratisation du système éducatif, la réussite de tous sont à ce prix. Et les attentes sont fortes aussi bien de la part des parents, des personnels de l’Éducation que de l’ensemble de la société.

La FSU considère qu’un certain nombre d’orientations de ce projet de loi vont dans le bon sens mais ne font qu’entamer les ruptures indispensables avec la loi de 2005. Citons par exemple, la confirmation des 60 000 créations d’emplois et les 150 000 recrutements annoncés ; l’objectif affiché d’élever le niveau de qualification et de réduire les inégalités, la priorité à l’école primaire, avec notamment « plus de maîtres que de classes », la scolarisation à l’école maternelle et la fin de l’apprentissage junior pour les jeunes de moins de 15 ans.
La FSU se félicite que l’action unitaire des personnels des GRETA avec l’intersyndicale débouche sur la reconnaissance de la mission de formation continue ainsi que de formation et d’insertion professionnelles des établissements scolaires publics.

Si ce projet de loi affiche des ambitions, dans le même temps, il retient son souffle. Cette loi permettra-t-elle de mieux préparer l’avenir ? Là est le vrai défi qui reste à relever. Beaucoup reste à préciser dans les textes réglementaires à venir et à renforcer sur le terrain en donnant les moyens à tous les personnels de faire leur travail dans de bonnes conditions, et de remplir toutes les missions nécessaires à la réalisation de ces ambitions.

A l’heure où le dossier des rythmes scolaires patine faute de clarifications et de préparation solide, la refondation pour une meilleure réussite des élèves tant attendue par la communauté éducative se trouve fragilisée

La FSU exige que l’Etat ait le rôle prépondérant quant à la compétence de définition des cartes des formations professionnelles initiales, que l’orientation scolaire reste compétence exclusive de l’Etat et s’opposera à tout transfert des cartes de formation aux Régions. Les CIO ne doivent pas être transférés et leurs personnels doivent rester sous l’autorité de l’Éducation nationale. Ils doivent être explicitement cités dans le projet de loi, l’intervention syndicale a permis que ce soit le cas dans la dernière version du projet qui nous a été transmis. Il faut le confirmer dans l’annexe ! Copsy et Dcio doivent retrouver leur place dans la communauté éducative. Ils doivent en outre être cités dans la programmation des moyens pour l’application de la Loi à l’instar des autres catégories de personnels.

Il faut également travailler aux évolutions nécessaires des métiers et des pratiques professionnelles de tous les personnels. Il faut réaffirmer ces évolutions comme des leviers majeurs de transformation, mettre tous les personnels au cœur de la « refondation de l’école ». Celle-ci ne peut se faire sans eux !

Les questions concernant les personnels non enseignants restent trop absentes. Or, ceux-ci jouent un rôle fondamental dans l’organisation et l’administration du système éducatif, dans la prise en charge des jeunes, en particulier ceux qui rencontrent des difficultés, qu’elles soient scolaires, sociales ou de santé. Il convient de reconnaître et renforcer le rôle et les missions de tous les personnels. L’accompagnement social individuel ou collectif auprès des élèves et des parents est indispensable pour inclure les plus en difficulté dans notre système scolaire et favoriser la réussite de tous les élèves. C’est pourquoi la FSU réaffirme comme prioritaire sa revendication de renforcement des équipes pluri-professionnelles (CPE, Copsy, Assistants sociaux, infirmières), à travers la création massive de postes à l’Éducation nationale.

Il conviendra aussi d’introduire de nouvelles modalités de pilotage du système éducatif, de conforter son administration, et d’en finir avec le nouveau management public. Les services administratifs et de gestion ont été beaucoup désorganisés par les politiques de suppressions massives de postes des années passées et les réorganisations hasardeuses qu’elles ont produites. Il importe de programmer le recrutement de personnels administratifs à la hauteur de l’ambition affichée.

La FSU rappelle qu’elle souhaite que soit rapidement mises en discussion l’amélioration des conditions de travail des personnels, la revalorisation de leurs carrières et leurs rémunérations. Les conditions de travail se sont profondément dégradées et la revalorisation du métier ne pourra pas passer par le donnant / donnant que le ministre présente à la presse. Ceci est d’autant plus nécessaire que par ailleurs nous vivons une crise importante de recrutement. Elle attend donc l’agenda de cette concertation.

En ce qui concerne la formation des enseignants, l’absence de concertation avec l’enseignement supérieur dans la mise en œuvre des futures Espé et dans la réforme de la FDE en général, le calendrier intenable, obère les conditions de réussite d’une réforme demandée par tous. La FSU ne saurait accepter que les recteurs, leurs décisions unilatérales se substituent au débat. Il faut du temps, sans obérer les nécessaires recrutements, du temps qui doit être donné pendant l’année 2013-2014. La FSU demande que le travail en cours sur les référentiels des métiers soit abandonné au profit d’une concertation approfondie sur la formation des personnels.

Les recrutements d’emplois d’avenir professeur ne constituent pas les pré recrutements que la FSU revendique. Elle considère néanmoins que le dispositif proposé par les projets de décret et de circulaire respecte en partie les conditions qu’elle a défendues afin que ce dispositif représente une aide effective dans un projet de préparation des concours pour les jeunes qui seront recrutés. Les difficultés liées à la compatibilité des temps de formation universitaires et le temps de présence dans les établissements, notamment dans le second degré, restent posées.

Il nous faut dès à présent, préparer la rentrée 2013 et ouvrir les différents chantiers à mener : mise en œuvre de la priorité au primaire, avenir des Rased, collège pleinement inscrit dans le second degré, réforme des lycées, éducation prioritaire, formation, missions des personnels et évolutions des métiers, pilotage et administration du système éducatif.

Nous avons examiné au printemps différents textes relatifs à la situation des contractuels. Pourquoi leur publication n’est elle pas encore intervenue ? Notre inquiétude est d’autant plus grande que les conditions d’emploi de ces personnels n’ont guère évolué : recours aux vacations qui devaient être abrogées, contrats interrompus à l’occasion des congés scolaires, contrats occasionnels… Il est urgent que nous discutions dans ce ministère de règles de gestion nationale, d’une harmonisation des rémunérations vers la situation la plus favorable, de l’accompagnement et du financement par l’administration de la validation des acquis de l’expérience …


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