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Décentralisation inquiétante....

jeudi 20 décembre 2012  Enregistrer au format PDF


L’inégalité de ressources entre collectivités territoriales est déjà criante. Vu du département de l’Oise en Picardie, le bilan de la décentralisation est mitigé. La succession de majorités diverses au Conseil Général s’est traduite par des orientations différentes mais aussi une certaine continuité. La majorité actuelle de « gauche » a voulu s’attaquer à la fracture numérique en favorisant le développement du haut débit sur le département, dotant par exemple les collégiens d’un ordinateur portable. Mais elle a aussi continué à financer l’enseignement privé au maximum des possibilités de la loi, et poursuivi l’externalisation de missions, comme l’illustre la construction récente par le CG d’une cuisine centrale dont l’exploitation est confiée à un grand groupe privé !

La situation financière est aujourd’hui telle que le CG va emprunter sur les marchés financiers pour boucler ses fins de mois. Il s’interroge sur la poursuite de la gratuité des transports scolaires qui, bien qu’étant une compétence non obligatoire, est pourtant un élément fondamental de combat de la fracture scolaire. On peut donc s’attendre à de nouvelles régressions dans la prise en charge de la solidarité dans un département touché de plein fouet par les licenciements, qu’ils soient liés à la stratégie financière de multinationales (Continental, Arcelor-Mittal) ou au « détricotage » du tissu des PME. Dans certains bassins d’emplois, il y a explosion du nombre de bénéficiaires des minima sociaux (RSA…). La gestion des personnels du CG avec un pilotage par objectifs pose problème : les personnels sociaux craquent et ils ne sont pas les seuls.

Autre phénomène à prendre en compte, celui de l’installation dans les secteurs péri urbains du département de salariés de la région parisienne qui fuient la cherté des logements. Dans ces secteurs, les Services publics ont été durement touchés par la RGPP, la Réate, le pilotage par la LOLF. Dans une région qui est déjà un véritable désert médical, fermés les bureaux de postes, les trésoreries, les antennes EDF, GDF, disparue la scolarisation des moins de 3 ans, tandis que les fréquences des dessertes SNCF connaissent des remises en question récurrentes. C’est bien un sentiment d’abandon par la puissance publique que vivent les populations.

Dans ce contexte dégradé, le gouvernement avance son projet de loi « Responsabilité et confiance dans les territoires », articulant décentralisation et réforme de l’État, avec comme boussole la réduction des dépenses publiques. Dans le projet actuel, il n’y a pas de réelles réponses aux inégalités territoriales croissantes, alors qu’en matière de ressources et d’augmentation des dépenses sociales des départements comme l’Oise sont déjà en difficulté. Sans véritables péréquations entre territoires riches et pauvres, sans intervention volontariste de l’État, le risque est grand de voir se constituer de vastes secteurs de relégation sociale, favorisant entre autre le vote d’extrême droite.

Section départementale de l’Oise


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