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Contribution du SNPI

jeudi 20 décembre 2012  Enregistrer au format PDF


Les stratégies voulues par les précédents ministères, en matière de pilotage, ont été guidées ²par les conceptions néo-libérales du management. Une gestion essentiellement comptable des moyens s’est substituée à une analyse fondée sur les valeurs démocratiques de l’école. L’évaluation des pratiques professionnelles s’est focalisée sur une mesure superficielle et immédiate des résultats. La modélisation des pratiques a été préférée à la formation. A la logique républicaine, s’est substituée une conception technocratique voulant faire de l’encadrement en général et des inspecteurs en particulier les agents d’une politique plutôt que les serviteurs des valeurs républicaines de l’école.

Que les actes professionnels des inspecteurs soient guidés, dans une démocratie, par les volontés politiques des représentants de la nation, nul ne peut le contester. C’est la loi et la réglementation qui doivent constituer les fondements de leurs missions et non leurs propres volontés et leurs jugements personnels. Pour autant, les cadres de l’État ne peuvent être considérés comme les agents d’une propagande idéologique ou les producteurs d’indicateurs destinés à servir une argumentation partisane et non à décrire une réalité objective.

Si la refondation de l’école veut permettre de retrouver les objectifs fondamentaux de l’école républicaine et principalement celui de l’égalité dans l’accession aux savoirs et aux qualifications, il faut rompre de manière nette avec la culture du management qui a prétendu rationaliser le service public de l’éducation en y transposant des méthodes guidées par les objectifs économiques de l’entreprise privée. Cela suppose une volonté politique clairement énoncée. Pour ne prendre que quelques exemples, elle doit se traduire par le renoncement d’un usage des évaluations comme caution de choix politiques, par le retour d’une volonté d’accompagnement et de formation des enseignants plutôt que par la contrainte de consignes exécutables, par la confiance dans les choix construits par les équipes plutôt que par la multiplication de préconisations technocrates, par un développement de la culture professionnelle de la concertation et de l’élaboration collective plutôt que par la modélisation de « bonnes pratiques » , par l’analyse experte des situations plutôt que par la focalisation sur des indicateurs de performance.

C’est une transformation de la culture de l’encadrement qu’il faut engager, et à cet égard il est indispensable que la FSU puisse renforcer son influence chez les cadres de la fonction publique. A l’illusion d’une compréhension de l’école par la mesure d’indicateurs permettant la prescription, doit être substituée la volonté de construire des pratiques professionnelles fondées sur les valeurs égalitaires de l’école républicaine. C’est elles qui donneront à l’action des inspecteurs le sens nécessaire pour que le conseil, l’accompagnement, la formation contribuent à l’amélioration du service public d’éducation. Une école plus égalitaire ne se construira pas sans l’adhésion profonde de l’ensemble des agents. Cette adhésion ne se décrète pas, ne se préconise pas, ne s’ordonne pas. Elle se construit par la compréhension des enjeux d’une école démocratique, dans la formation, la concertation et l’action collective. Il est temps de dire clairement que c’est dans cette perspective que les inspecteurs doivent agir.


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