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Contribution au débat

jeudi 20 décembre 2012  Enregistrer au format PDF


Depuis des décennies, 5 organisations syndicales étaient jugées représentatives ; la "loi du 20 août 2008 pour les salariés du privé, (accords de Bercy) modifiait profondément cette conception des choses. C’est le 5 juillet 2010 que la déclinaison pour les fonctions publiques fut adoptée, abrogeant ainsi l’amendement Perben qui figeaient la représentativité. Si elle nous est apparue comme une amélioration ramenant à leur juste place les organisations qui vivaient sur des rentes de situation très éloignées de la réalité syndicale, cette loi pose aussi de sérieux problèmes quant à la façon dont nous considérons la représentativité de notre organisation.

La représentativité ne peut pas découler exclusivement des résultats électoraux.

Cette loi impose une nouvelle conception de la représentativité fondée principalement sur l’élection. Cela engage le syndicalisme sur la voie d’une institutionnalisation qui pourrait le couper de la force que représente la mobilisation des salariés. Depuis plus d’un siècle, le syndicalisme en France s’est construit sur sa capacité à construire des luttes afin d’imposer ses revendications dans un contexte favorable. Si le vote permet de prendre en compte l’expression des salariés, la FSU doit cependant continuer à appuyer sa représentativité également sur sa capacité à créer le rapport de force sur le lieu de travail et dans la rue.
Le texte préparatoire reflète clairement une préoccupation presque exclusivement tournée vers la représentativité par l’élection. La victoire électorale devient la raison première de la nécessité de renforcer la FSU, devant la défense des acquis ou les conquêtes sociales qui ne sont mêmes pas évoquées !

Il est temps de changer de vocabulaire et d’engager l’épreuve de force !

Quant à la conception des rapports sociaux, l’emploi même du vocabulaire "partenaires sociaux", "dialogue social", reflète une vision du syndicalisme qui accepte trop largement le vocabulaire de nos adversaires. Leur logique est celle de la neutralisation du syndicalisme, objectif qu’ils veulent atteindre en nous intégrant dans un système institutionnel. C’est aussi un vocabulaire qui aspire à nous faire accepter du consensus : le dialogue entre "partenaires" si loin du rapport de force et de l’affrontement de classes qui fut celui des organisations sociales ouvrières pendant des décennies, est facteur de renoncement social.

La notion même de conflit social, ce qui passe principalement par la grève, auparavant au centre de la pratique syndicale, devient une situation extrême à laquelle on recours presque à regret et en s’excusant. Le mot grève est quasiment absent de notre texte de congrès ! Qu’il s’agisse des confédérations interprofessionnelles face au patronat ou des fédérations de fonctionnaires face à l’État employeur, les organisations syndicales ne doivent pas perdre de vue que leur force repose d’abord sur l’organisation de conflits sociaux pour faire reculer leurs adversaires et de leur arracher des conquêtes sociales.

Karine Van Wynendaele (SNES, Lens, 62)


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