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Base Élèves, Socle commun, LPC et Refondation de l’école

jeudi 20 décembre 2012  Enregistrer au format PDF


Refonder l’École, ce n’est pas modifier ou simplifier les dispositifs existants car ils ont été créés dans le but de l’orienter selon les critères de la stratégie de Lisbonne, qui est contraire à la mission émancipatrice de l’école voulue par la FSU. Se questionner sur le passage à une culture commune émancipatrice impose le rejet préalable du socle commun et des dispositifs de gestions et de suivis centralisés et informatisés fondés sur des informations nominatives.

Le Socle commun est un enfermement, le LPC qui le valide un traçage
En 2010 la FSU montrait que la mise en place du socle renforçait et entérinait les inégalités scolaires. Le socle et le livret de compétences constituent un dispositif d’enfermement muselant la capacité des enseignants à diversifier leur pédagogie. La notion de socle part du postulat déterministe selon lequel une partie des enfants est juste capable de l’acquérir, qu’il faut donc pour celle-ci privilégier l’efficacité, c’est à dire l’employabilité.
Le socle et le LPC ne constituent pas un suivi mais un « traçage ». Sans lien avec les évaluations formatives, le livret de compétences informatisé a pour but de conserver des informations sur l’élève tout au long de son cursus scolaire et de son parcours de formation, y compris le fait qu’une compétence n’a pas été acquise en temps voulu(i). Plus grave, le livret évalue des compétences sociales et civiques.

Les fichiers scolaires nominatifs numérisés centralisés -Base élèves, le répertoire national des identifiants et le livret de compétences- mettent en danger les libertés individuelles : Avec les fichiers administratifs, ils constituent un même dispositif relié par le numéro d’identifiant élève. Le livret de compétences veut tout évaluer, il automatise le passage d’un degré scolaire à l’autre et l’orientation des élèves (APB) sans que la famille puisse s’y opposer, il est accessible via internet à de multiples personnes. Il participe d’une « philosophie » de la transparence qui porte atteinte aux libertés individuelles. C’est une vision « totalitaire » de la personne : l’enfant devient ce qui est écrit dans le LPC.

En conséquence, nous demandons que La FSU s’oppose à ce traçage informatique qui constitue la base d’un super CV dans lequel pourra puiser à son gré le patronat.
Nous souhaitons que la liberté des individus, le respect de leur vie privée soient enfin effectifs, que les fichiers scolaires et administratifs soient cloisonnés, sécurisés, que les informations privées ne sortent pas des établissements, que les livrets scolaires d’évaluations et le droit de les communiquer appartiennent exclusivement à l’élève et à sa famille.
Nous demandons que les sanctions contre les enseignants qui avaient refusé ou refusent d’utiliser ces dispositifs, dangereux pour les libertés, soient levées.

Commission Thème 1 - FSU 38

(1) Bovani M. Laudet P. Taupin A. : « La mise en œuvre du livret personnel de compétences au collège » Août 2012.


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