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3- Des mouvements familialistes et essentialistes

mardi 11 mars 2014  Enregistrer au format PDF


Ces mouvements mettent des femmes en avant pour défendre la famille qui serait attaquée : Christine Boutin (PCD), Frigide Barjot, Ludovine de la Rochère (LMPT), Béatrice Bourges (Printemps Français), et maintenant Farida Belghoul (Egalité et réconciliation).
Parmi eux, le Nouveau Féminisme Européen (NFE), qui se félicite du rejet par la droite et l’extrême-droite, le 12 décembre, d’une résolution européenne sur les « droits sexuels et génésiques », dite rapport Estrela. Ce texte, sans force contraignante, vise à préconiser l’accès à la contraception et à l’avortement, ainsi que l’éducation sexuelle des jeunes, dans tous les pays de l’Union et défend notamment « la liberté pour les personnes de choisir d’avoir des enfants si elles le souhaitent et quand elles désirent ».
Il est intéressant de pointer, parmi les député-es français-es ayant voté contre ce rapport : de Villiers (Mouvement pour la France), Gollnisch (FN), Le Pen Jean-Marie (FN), Le Pen Marine (FN), Dati (UMP), Hortefeux (UMP), pour ne citer que les plus célèbres... Ce jour-là, les Le Pen étaient donc là tous les deux, alors que d’ordinaire ils figurent parmi les dix député-es les moins présents et actifs au Parlement européen !

Les droits des femmes ne sont malheureusement jamais totalement acquis : l’initiative citoyenne « Un de nous » qui réclame le droit à la « protection de chaque vie humaine dès la conception » a recueilli 1,9 million de signatures en Europe (107 000 en France). Il y a derrière cette formule la reconnaissance du statut de l’embryon, et donc l’interdiction de l’avortement. Une proposition législative en ce sens sera présentée devant la Commission et le Parlement européens après les élections.
Le manifeste des Antigones fait explicitement référence à la Nature et à ses mythes différentialistes : « Nous, Antigones, prônons la féminité pour les femmes : c’est notre nature cohérente et profonde. (…) Les femmes ont une sensibilité différente, une volonté différente, des moyens d’actions différents de ceux des hommes. Ces différences sont une richesse à cultiver et cette altérité est féconde sur tous les plans. C’est pourquoi nous construisons notre démarche sur la complémentarité des sexes. »

Pour Béatrice Bourges, porte-parole du sinistre Printemps Français, est choquante la photo d’un homme... qui repasse le linge !!!
Voir aussi les réactions indignées des membres de ce réseau suite à la parution du catalogue de jouets de Super U, montrer un garçon jouant à la poupée et une petite fille qui bricole relèverait de « tentatives malsaines de manipulations des enfants »...

En bref, ce qui relie ces mouvements, c’est une conception essentialiste, qui assigne aux femmes un rôle social déterminé par la biologie, un rôle d’épouse et de mère. On la retrouve dans la mobilisation contre les « ABCD égalité » (dispositif destiné à lutter contre les stéréotypes de genre à l’école primaire), avec la mise en avant de la différence sexuelle et de la mythique « complémentarité des sexes », bien commodes pour légitimer les inégalités et la domination masculine ! Cette propagande mensongère et outrancière autour de la pseudo « théorie du genre » trouve malheureusement un écho, l’essentialisme semble encore largement partagé, souvent associé à une homophobie très ancrée, avec la phobie au sens propre (peur que mon enfant devienne homosexuel-le ou transsexuel-le). C’est bien l’extrême-droite qui est derrière : LMPT, veilleurs, « vigi-gender », Égalité et Réconciliation de Soral avec Farida Belghoul et sa Journée de Retrait de l’École...


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